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Aziz Jebali , l’acteur caméléon

Homme de scène et de cinéma, il a tout donné de lui-même pour incarner à l’écran des rôles qui grâce à lui deviennent des personnages très loin d’être fictifs. El achék au grand cœur dans « Ochek el denya », le cavalier noir au « Dachra » et le comédien aux multiples facettes dans « Evasion », Aziz Jebali ne pourrait qu’être fier de son parcours artistique. Alternant entre drame et raillerie, Aziz a captivé le public. Un réel désir de changement, une force en marche, et une grande passion ont fait naître un comédien et acteur plein de promesses.

Si un jour vous vous rencontrez dans la rue, comment vous présenteriez-vous en dehors de votre art ?

J’ai grandi à l’Arianna, et j’ai étudié jusqu’au bac à Tunis au lycée rue de Marseille. Mon enfance a connu un va-et-vient entre études et sport. A l’âge de 18 ans, j’étais un handballeur sénior, mais après le bac, j’avais une décision à prendre : continuer ma carrière sportive ou bien poursuivre mes études. J’ai donc décidé d’arrêter le sport. Ayant obtenu une licence en Commerce International à l’ESSECT Monfleury, j’ai décidé après de faire un master en Marketing Stratégique et Communication. Et pour une deuxième fois, j’étais confronté à un choix difficile : travailler en tant que copywriter au sein d’une grande boîte de communication ou se lancer dans le domaine artistique. J’ai donc choisi de vivre pleinement ma passion en se décidant d’accepter ma toute première proposition qui est alors celle de Najib BelKhadhi « Regarde-moi ».

Comment avez-vous pris ce chemin alors ?

Tout de suite après le bac, j’ai intégré l’école de Taoufik Jebali « El Teatro ». Tout a commencé au sein de cet espace qui m’est très cher. Ma relation avec Toufik Jebali n’était pas très soudée, mais de fil en aiguille j’ai découvert en lui à la fois l’oncle qui fait preuve de réserve et l’homme de l’art inaccoutumé.

Dans cette école est naît alors une belle histoire d’amitié et de succès avec mes compagnons de route : Abdelahmid Bouchnek, Hela Ayedi et Yassmine Dimassi. Des gens qui m’ont encadré et qui m’ont comblé d’amour.

Avez-vous déjà douté de vos performances artistiques ?

Durant toute ma carrière, j’ai toujours évité l’excès de confiance. Lorsque la confiance est relativement élevée elle peut mener à des erreurs. C’est pour cela que dans tous mes projets, y’avait toujours ce doute qui me démange de l’intérieur. Et je pense d’ailleurs que le

doute est le moteur générateur de tout travail réussi. Le risque, la peur et l’incertitude m’ont toujours poussé à donner ce que j’ai de mieux en moi.

Parlez-nous un peu de vos débuts dans le domaine de l’art.

Mon début dans le domaine de l’art a débuté dans l’espace El teatro. C’est là où je me suis forgé toute une identité et j’ai donc fait ma propre pièce de théâtre intitulée « Evasion ».

Dans la scène cinématographique, « regarde-moi » de Nejib Belkadhi est le premier film que j’ai tourné et tout s’est enchaîné après avec beaucoup de volonté et d’amour pour ce que je fais. Il y’a eu après « Bonbon » de Abdelhamid Bouchnak, « Dachra », « Nouba » ainsi que d’autres projets.

Quels étaient les moments forts de votre carrière ? Votre plus belle expérience artistique ?

Il y’a eu beaucoup de moments forts dans ma carrière, mais une seule m’a complétement marqué, c’est celle de « Nouba ». En effet, Nouba était pour moi un lieu où une famille s’est créée. L’ambiance du tournage a fait que des nouveaux acteurs, des techniciens ainsi que des grandes icônes cinématographiques se sont soudés pour faire naître un projet artistique basé sur le respect, le professionnalise et l’originalité. Cette expérience m’a permis de créer des souvenirs et un vécu hors du commun.

Comment évaluez-vous la scène artistique actuelle ?

Je pense qu’un niveau international, la sphère cinématographique est fortement marquée par la nouvelle vague du cinéma espagnol. C’est un cinéma qui a su se positionner et se faire distinguer. D’ailleurs, à chaque fois que je regarde une série ou un film espagnol, je constate que de nouveaux procédés cinématographiques sont mis en avant.

et comment évaluez-vous la scène artistique tunisienne ?

La scène artistique tunisienne est toujours en quête d’innovation et d’évolution. On a beaucoup de talents. L’industrie du cinéma se porte de mieux en mieux et les distinctions ne manquent pas non plus. Depuis 2011, les films tunisiens sont sélectionnés, nommés et parfois récompensés aux festivals de Cannes, Venise, Berlin ou Ouagadougou. Seulement, le manque de moyens et le manque de production sont en train de freiner l’évolution du septième art en Tunisie.

Si vous n’étiez pas artiste (préciser le domaine), que seriez-vous ?

Bien évidemment je serai un copywriter.

Pouvez-vous nous parler de vos projets à court et à long terme ?

Envisagez-vous une éventuelle collaboration artistique ?

J’ai reçu maintes propositions intéressantes, mais pour le moment j’opte pour une période de mise au point. Certainement qu’il y aura de nouveaux projets, mais actuellement je voudrais bien prendre un peu de recul afin de faire une auto-évaluation et afin de fixer de nouveaux objectifs.

Votre idéal artistique ?

Pour moi, l’idéal artistique n’existe pas. J’apprécie beaucoup d’acteurs certainement mais je ne pourrai pas déterminer l’idéal artistique.

Mot de la fin.

Je tiens vraiment à ce que je sois à la hauteur des attentes du public. Je remercie tous ceux qui ont cru en moi durant toute ma carrière artistique. Et je vous promettrai que je serai toujours digne de votre amour et de la confiance que vous m’avez accordée.

Par Oumayma.Z

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