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Voici les 10 performances qui ont marqué le cinéma en 2020

10 performances qu’on retrouvera (sûrement) aux Oscars ou Golden Globes.

Carey Mulligan – Promising Young Woman

Si Carey Mulligan s’était faite discrète après avoir joué dans Gatsby le Magnifique ou Loin de la foule déchaînée, elle revient en reine de la vengeance dans Promising Young Woman, la nouvelle production de LuckyChap Entertainment, la boîte de Margot Robbie. La comédienne, qui signe son grand retour, se glisse dans la peau de Cassie, une ancienne étudiante en médecine pleine d’avenir. Mais quelques années plus tard, elle se retrouve à bosser dans un café, rongée par les remords et la colère qui l’habitent.

Pour se défouler, elle titube faussement la nuit à la recherche de prédateurs, qu’elle piège pour les remettre à leur place. Plus qu’un Pascal le grand frère, Carey Mulligan s’illustre dans cette comédie d’humour noir en campant aussi bien la demoiselle alcoolisée en détresse que la girlboss ultra badass. À l’ère post-MeToo, Promising Young Woman divisera sûrement mais ce ne sera que pour mieux régner, par sa mise en scène, sa BO électrique et son esthétique années 2000 qui semble nous dire qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Un très beau et singulier portrait féminin.

Mads Mikkelsen – Drunk

En 2012, Thomas Vinterberg lui avait permis de remporter un prix d’interprétation pour son rôle dans La Chasse, à Cannes. Si la pandémie du Covid-19 n’avait pas contraint le festival à baisser le rideau, il est fort à parier que l’histoire se serait répétée pour Drunk, le dernier bijou du duo. Mads Mikkelsen se glisse dans la peau d’un professeur et mari dépassé, encouragé par ses collègues à expérimenter la théorie d’un psychologue norvégien convaincu que l’être humain est né avec un déficit d’alcool dans le sang. L’idée ? Rééquilibrer cette étrange carence pour dévorer la vie.

Ce scénario original est avant tout une déclaration d’amour à l’irrationalité dont s’empare Mads Mikkelsen avec grâce. En jouant la carte du mutisme pour peu à peu lâcher prise, il abat dans un final magnifique la carte de son passé de danseur sur « What a Life », notre nouvel hymne de soirée. Avec sa performance tout en nuances dans Drunk, Mads Mikkelsen dépeint finalement l’histoire d’une vie lambda en proie à la monotonie. Une vie que l’on finit par construire sans saveurs mais que l’on tente d’assaisonner avec des cocktails qui nous rappellent que l’insouciance se conjugue bien avec le bonheur.

Gary Oldman – Mank

Cette année, David Fincher a choisi d’ausculter la genèse mouvementée du monument de cinéma Citizen Kane, au travers de son scénariste Herman J. Mankiewicz. Pour camper ce personnage complexe, en opposition permanente aux puissants, Fincher a jeté son dévolu sur l’immense Gary Oldman, qui nous sert de guide dans cet impitoyable âge d’or hollywoodien.

L’acteur, adepte des transformations radicales, s’est glissé à plusieurs reprises dans le mal-être d’artistes tourmentés – de Sid Vicious, le chanteur des Sex Pistols, à Beethoven – et interprète donc à la perfection ce personnage charismatique et paradoxal, intègre, honnête mais également alcoolique et autodestructeur.

En Herman Mankiewicz, Gary Oldman, habitué aux rôles de psychopathe et vrai méchant, canalise cette folie noire dont il est capable mais conserve l’intensité qui est sa signature pour la mettre au service de ce grand personnage.

Marta Nieto – Madre

Marta Nieto – Madre

Magnétique pendant toute la durée du film, Marta Nieto – la femme du cinéaste Rodrigo Sorogoyen à la ville – livre l’une des performances les plus intenses de l’année, grâce à un scénario haletant. Dès les premières minutes, l’héroïne nous plonge dans son cauchemar, qui ne cessera de la hanter jusqu’à la fin de ses jours. Au téléphone, son fils l’appelle parce qu’il s’est perdu sur la plage et ne retrouve pas son père. Au fil de la conversation, la batterie se décharge et la mère reste impuissante, à des kilomètres. Depuis ce coup de fil, elle n’a jamais eu de nouvelles de son enfant.

Quelques années plus tard, elle est devenue serveuse dans un café sur la plage où son fils a disparu. Mal intégrée à sa nouvelle vie, elle va se lier d’affection pour un jeune garçon, venu passer ses vacances sur la côte. Avec cette relation aussi malaisante que touchante et amorale, Marta Nieto va jouer toute une palette d’émotions pour communiquer le mal-être de cette mère frustrée et dépassée. La force du scénario n’était qu’un prétexte pour révéler toute la complexité de ce personnage féminin inoubliable et bouleversant dans sa perdition.

Riz Ahmed – Sound of Metal

Il était temps pour Riz Ahmed d’obtenir un rôle à la hauteur de son talent. Alors qu’il était jusque-là abonné aux personnages secondaires (en tout cas au cinéma), du mauvais Venom à Night Call, l’acteur britannique trouve dans Sound of Metal son premier rôle fort.

Il incarne Ruben, un batteur dans un groupe de metal, qui souffre soudainement d’une perte auditive, l’empêchant d’entendre. En quelques minutes, la nuance de sons laisse place à des bourdonnements insatiables, amenés par un long larsen devenu acouphènes.

Si le film n’est pas encore sorti dans les salles françaises, la faute au Covid, on espère qu’il saura trouver une audience lors des différentes cérémonies de remises de prix, tant le jeu de Riz Ahmed facilite la plongée visuelle et auditive dans laquelle le cinéaste Darius Marder nous emmène. Après sa magistrale interprétation dans la série HBO The Night Of, l’acteur britannique confirme tout le bien qu’on pense de lui, portant sur ses épaules ce projet aussi indépendant que puissant.

Zendaya – Malcolm et Marie

Le soleil Zendaya a une nouvelle fois brillé pour Sam Levinson qui, après Euphoria, fait de l’actrice de 24 ans la star de son nouveau long-métrage.

La réussite de ce huis clos intimiste en noir et blanc repose sur les dialogues justes et incisifs de Sam Levinson mais surtout sur la sensualité et l’élégance de son duo d’acteurs qui explorent toutes les émotions qu’ils ont en réserve pour nous embarquer avec eux dans ces montagnes russes amoureuses. Quant à Zendaya, elle irradie de charisme en wannabeactrice dépossédée de sa propre histoire.

(© Netflix)

Si l’écart d’âge entre les deux acteurs a été critiqué, la star d’Euphoriaimpressionne de maturité et, entre déchirement et réconciliation sur l’oreiller, on passe avec Malcolm et Marie la meilleure nuit de notre vie.

Tahar Rahim – Désigné coupable

Dans la franche lignée de ces Français qui vont offrir une performance folle dans un film hollywoodien parfait pour les Oscars, Tahar Rahim frappe fort. En incarnant Mohamedou Ould Slahi, un Mauritanien arrêté par les États-Unis puis incarcéré à Guantanamo pendant 14 ans du fait d’un hypothétique lien (qui s’avérera être faux) avec les attentats du 11-Septembre, l’acteur français fait un double beau coup.

Déjà, en s’attaquant à une histoire vraie d’une injustice, comme les Oscars les aiment tant, il est devenu assez rapidement le chouchou de la presse américaine. Mais outre le sujet, force est de reconnaître que Tahar Rahim délivre quelque chose d’une force assez rare. Il y ressort de la mélancolie, de la tristesse de la situation, une candeur sur ses interactions (notamment pendant les interrogatoires), mais aussi une souffrance immense pendant les (longues) scènes de torture.

Une performance complète, qui scotche vraiment et qui devrait logiquement faire de Tahar Rahim l’un des cinq candidats à l’Oscar du Meilleur acteur – et ce malgré une concurrence très forte cette année.

Mariana Di Girolamo – Ema

Nous vous le répétons encore et encore : Ema est une incroyable pépite, qui aurait mérité bien plus de reconnaissance. Le nouveau film de Pablo Larrain, avant qu’il aille raconter l’histoire de Lady Di avec Kristen Stewart, tient en grande partie par son parti pris esthétique, sa mise en scène folle, mais surtout, ô combien surtout, par Mariana Di Girolamo.

L’actrice, que l’on n’avait jamais vue, pond la définition même d’une performance électrisante. Elle dégage une aura folle et rayonne dans les séquences de danse, d’intimité ou de folie, le tout avec un je-m’en-foutisme presque provoquant. C’est simple : nous n’avons pas vu beaucoup de performances plus impressionnantes que celle-ci cette année.

Steven Yeun – Minari

On l’a d’abord connu en survivant débrouillard et fidèle face à une horde de zombies féroces dans The Walking Dead. Puis, on a découvert son talent de manipulateur sournois à la beauté cruelle. On le voit aujourd’hui en père de famille, dans la galère, mais prêt à tout pour s’émanciper avec les siens.

En soi, Burning était déjà un tour de force, mais le film ne reposait pas que sur lui, qui était plus discret, comme un vrai second rôle. Minari permet de mettre en avant le talent de cet acteur, dans un rôle d’une douceur folle. La performance de Yeun est mesurée et donne de l’ampleur avec une justesse implacable à ce personnage prêt à tout pour suivre cet « American Dream », même quand il est forcé de reconnaître son échec.

En fait, ce qui fait de Minari un grand film, c’est entre autres la manière dont sans nous prévenir (ou presque), il nous fait comprendre que nous étions confrontés à un grand acteur sans vraiment le savoir tout du long.

Vanessa Kirby – Pieces of a Woman

Célébrée par la majorité des critiques, la prestation de Vanessa Kirby en jeune mère endeuillée dans Pieces of a Woman était très attendue par la rédaction. Si le film est en deçà de nos espérances, Vanessa Kirby est quant à elle magistrale et son prix d’interprétation féminine à la Mostra de Venise amplement mérité.

Dans le huitième film du réalisateur hongrois Kornél Mundruczó, elle oscille entre désespoir et dignité dans la douleur et livre une performance d’une subtilité aussi rare qu’inattendue, à laquelle le douloureux sujet de la perte d’un nourrisson aurait pourtant pu ôter toute finesse.

Mais surtout, Vanessa Kirby interprète à la perfection une des scènes d’accouchement les plus puissantes du cinéma. Pendant près de 30 minutes de plan-séquence pendant lesquelles on ose à peine respirer, elle s’abandonne totalement et son authenticité rend presque insoutenable l’issue dramatique mais pourtant connue de cette introduction.

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